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Les obsèques (symboliques) de l'enseigenement de l'allemand

Défense de l'Allemand 030.JPG
Beaucoup de personnes m'ont fait part de leur soutien et la phrase que j'ai entendue le plus souvent aujourd'hui, c'était : "Je suis de tout coeur avec vous, mais...". Il n'y avait donc pas foule pour les obsèques symboliques. Monsieur le Consul Général de l'Allemagne a soutenu notre action et d'ailleurs, l'ex-inspecteur d'allemand (libre maintenant qu'il est en retraite de penser ce qu'il veut), M. WEISS, était dans le cortège contre la suppression des bilangues hier. On apprécie !

Je remercie en tout cas ceux qui étaient présents et à qui on ne pourra pas reprocher plus tard qu'ils ont laissé faire sans bouger !!! Merci aux élèves qui n'ont rien à perdre par la réforme mais qui se sentent concernés et défendent pour les générations futures un dispositif dont ils ont profité, eux. Merci à Cassandre et Anaïs, anciennes élèves qui sont venues : vous êtes la prevue vivante de l'efficacité ce que nous défendons !

Et voici mon discours pour tout ceux don't le coeur était là mais pas les oreilles pour l'entendre :

Chère famille des amis de l'allemand, collègues, élèves, parents, membres des comités de jumelage, participants aux échanges franco-allemands et tous ceux qui se sont rassemblés ici pour assister à l'enterrement de l'enseignement de l'allemand en France. Aujourd'hui ces obsèques ne sont que symboliques mais on ne pourra pas éviter une mort certaine de l'allemand si les sections bilangues et européennes sont supprimées à partir de l'année prochaine.

Vous vous êtes peut-être demandé pourquoi l'allemand est particulièrement menacé et pourquoi nous nous battons avec toutes nos forces contre la disparition des bilangues et européennes. Nous, les professeurs d'allemand sur le terrain, nous avons vécu la chute des effectifs lorsque personne ne voulait plus choisir l'allemand comme LV2 et que l'anglais l'emportait haut la main comme LV1. A l'époque, les bilangues nous ont sauvés. Et les mentalités n'ont pas changé depuis.

Penchons-nous sur les raisons de ce déclin de l'allemand pour savoir si les prévisions optimistes de Madame la Ministre tiennent compte de la réalité que nous, nous vivons au quotidien… ou si elle se trompe.

L'anglais étant indispensable dans un monde globalisé, les parents préfèrent choisir cette langue dès que possible, donc en 6e en LV1. Certainement aussi parce que c'est l'anglais qui est le plus souvent proposé déjà au primaire. L'anglais représente donc 95.6% en LV1. Qu'en est-il pour l'allemand ? On nous parle de 6.5 % des élèves en allemand LV1 mais c'est faux : on compte dans ce chiffre justement les bilangues… qui vont disparaître. Avec la réforme, seule les enfants qui auront appris l'allemand dès le CP pourront poursuivre en LV1 au collège. Mais aujourd'hui, au CP, l'allemand ne représente que 1% des élèves car on ne peut pas tenir compte de l'exception alsacienne où on apprend l'allemand à 85%. On nous promet d'augmenter leur nombre. Mais comment ? Est-ce qu'on va forcer un quota d'élèves (de 6 ans !!) à apprendre l'allemand en CP ? Est-ce que l'on laissera le choix aux parents ? Comment peut-on affirmer aujourd'hui un nombre d'élèves qui apprendront l'allemand en CP sans connaître les modalités ? Et combien de ces élèves vont nous arriver au collège ? J'espère bien que l'on n'obligera pas les petits à poursuivre encore 11 années cet apprentissage même s'ils n'aiment pas l'allemand !! Car sans envie ni plaisir on ne peut pas vraiment apprendre une langue étrangère.

Le tableau n'est pas plus réjouissant en LV2. Les élèves au collège choisissent le plus souvent en fonction du choix des copains et l'espagnol passe pour être plus facile que l'allemand. Seulement 14.6% ont choisi l'allemand en 2013. Madame la Ministre nous promet plus d'élèves… Bien évidemment si elle fait disparaître les bilangues on pourrait espérer que cela fasse augmenter au moins un peu les effectifs en LV2. Mais lors de l'expérimentation de la réforme dans l'académie de Toulouse où les bilangues n'existaient pas, le taux d'élèves en allemand LV2 est passé de 4.76 à …4.97%. Une augmentation de moins d'un demi %. Résumons :  Avec la suppression des bilangues qui représentent aujourd'hui 88% de nos effectifs et en connaissance du passé, nous pouvons partir sur 1%, allons, soyons positifs, peut-être 2% d'élèves en LV1, et 5% en LV2. Encore faut-il qu'un proviseur accepte d'ouvrir une section pour un tout petit effectif… On ne peut donc même pas être sûr que l'allemand soit encore proposé partout ! 7% contre 16% aujourd'hui. Est-ce cela, la réduction des inégalités ? Et cela dans un contexte économique où l'allemand est un vrai atout car c'est l'allemand, la langue la plus demandée par les entreprises après l'anglais. Et déjà aujourd'hui, plus de 4000 postes ne sont pas pourvus faute de candidats germanistes.

M. PEILLON a argumenté que si le gouvernement recrute des professeurs d'allemand ce n'est pas pour garder les vaches. En effet ! Il oublie seulement de dire que c'est pour remplacer les contractuels et que le nombre de postes mis au concours ne correspond pas une création de postes : 28% de ces postes n'ont pas été pourvus faute de candidats !

Terminons sur le niveau de nos bilangues. Ces classes ont fait leur preuves ! Ici au lycée, nous avons beaucoup d'élèves aussi à l'aise en anglais qu'en allemand. Et pour atteindre un bon niveau il faut des heures où on y est exposé. Avec la suppression des bilangues - vous n'avez qu'à faire le calcul - on perdra des heures au collège où les élèves peuvent acquérir les bases qui leur permettent d'atteindre un bon niveau.

Pour toutes ces raisons nous revendiquons le maintien des classes bilangues et européennes : pour le bien des élèves, pour l'avenir économique de la France, pour que vive l'amitié franco-allemande !



21/05/2015
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